Hantée : quand l’amitié entre une ado et un fantôme permet d’accepter son passé

Jeudi dernier (le 8 octobre), j’ai assisté à l’avant-première du film Hantée, scénarisé par l’autrice India Desjardins. Déjà, j’étais vendue vu la réputation de l’autrice et son côté féministe qu’elle partage entre autres dans son essai À s’en arracher le coeur. Avec ces attentes, j’aurais pu être déçue. Mais non. Au contraire. Je suis ressortie de cette séance avec une seule idée en tête : je dois l’acheter à sa sortie et l’écouter avec mes élèves de 3e secondaire dès l’année prochaine!

Tout d’abord, Hantée, c’est l’histoire de Mathilde, adolescente en 4e secondaire qui se voit contrainte de déménager avec ses parents dans une vieille demeure à la réputation mystérieuse. Ce qu’on découvre, c’est que ce déménagement est dû à un geste posé par Mathilde. Geste qu’on découvrira seulement à la fin du film. Rapidement, on rencontre celle qui doit sa réputation à la maison : Isabeau, fantôme qui erre dans la demeure depuis plus d’une centaine d’années. Rapidement, Mathilde et Isabeau développeront une amitié improbable qui leur permettra, à toutes les deux, de mieux se défaire de leur passé.

Malgré la présence de la revenante, le film n’est pas du tout effrayant. On se retrouve au contraire plongé dans une histoire à la fois humoristique et touchante. En effet, j’ai beaucoup souri en entendant Isabeau utiliser des expressions d’aujourd’hui. On a ici un fantôme qui s’adapte très bien à son nouvel univers! Ce sont aussi les réactions de Mathilde face à ce spectre qui rend le tout plutôt comique. D’un autre côté, les thématiques abordées ne peuvent qu’être touchantes, surtout lorsqu’on découvre ce qui a poussé Mathilde à devoir déménager.

Attention, peut-être petit divulgâcheur. Mon seul petit bémol dans ce film concerne les ressemblances qu’on peut établir entre Isabeau et La Corriveau. Rapidement, j’y ai vu de nombreux points communs, m’amenant à trouver l’idée un peu moins originale. À un bref moment dans le film, on peut lire le nom de La Corriveau. J’aurais aimé qu’on établisse des liens plus clairs entre les deux histoires afin qu’on comprenne qu’il s’agit de deux histoires similaires et non d’une qui est fortement inspirée par l’autre. Dans un autre sens, étant passionnée par l’histoire de Marie-Josephte, j’y vois également un énorme potentiel pédagogique. Le devoir donné par l’enseignante d’histoire rend ce film d’autant plus intéressant à être visionné en 3e secondaire avec l’étude de la légende.

Je ne peux conclure ce retour sur le film sans parler de la personnage principale. J’ai adoré Mathilde, son côté très secret, plus ou moins habile avec les relations sociales, mais surtout son côté passionné qui ne la fait pas démordre de l’enquête sur Isabeau. Je salue également le jeu incroyable de la comédienne qui l’a incarnée, Jade Brind’Amour. J’ai également grandement apprécié les autres personnages adolescents qui accueillent rapidement la nouvelle dans leur groupe. On rencontre une gang engagée et impliquée. C’est beau de voir de si beaux ados.

Bref, j’ai A-DO-RÉ ce film, et ce, malgré mon petit bémol. C’est touchant, drôle et inspirant. Allez hop, au ciné!

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