Atuk, elle et nous

Michel Jean, éditions Libre expression, 2021, 226 pages.

Note : 5 sur 5.

Jeannette, fille d’Almanda et Thomas Siméon, revient sur ses origines innues, sur son éloignement forcé avec celles-ci et son amour toujours présent pour ses racines. De son côté, Michel, petit-fils de Jeannette, renoue avec ces origines qu’on lui a dit « avoir en lui ».

Atuk, elle et nous est une continuité de Kukum, dans le sens où on retrouve la famille Siméon, cette fois par les voix de Jeannette et de Michel (l’auteur). Alors que Kukum nous plongeait dans l’histoire d’amour d’Almanda avec Thomas, dans sa découverte du mode de vie autochtone, on plonge ici davantage dans une quête identitaire, une quête culturelle. Certes, j’avais beaucoup aimé Kukum, mais Atuk, elle et nous m’a encore plus plu!

Par la narration de Jeannette (Shashuan Pileshish), on revit son enfance dans les bois, le mode de vie nomade des Premières Nations, les moments difficiles comme les odes à la nature. Plusieurs passages m’ont aussi fâchée alors que Jeannette raconte ces souvenirs avec ses yeux de femme âgée de 100 ans, ses yeux d’Innue qui a vu plus d’une injustice déchirer son peuple. Je pense notamment à son éloignement forcé de sa communauté, de sa famille, vu son mariage avec un Blanc.

« Une Innue qui mariait un Blanc, en ce temps-là, perdait son statut, était rejetée par sa communauté. Elle cessait d’être considérée comme autochtone par l’État et la communauté. Ça n’en faisait pas une Blanche pour autant. Elle n’était en fait plus grand-chose. » (Atuk, elle et nous, p.198)

De l’autre côté, par la narration de Michel Jean, on trace un chemin vers les racines innues, vers cette part d’Indien en lui. À travers ses questionnements, ses réflexions – et grâce aux parties de Jeannette, on voit la vie des Pemières Nations autrement, on constate que malheureusement, le point de vue qui nous est donné est parfois loin de la réalité, qu’on a façonné une Histoire au détriment d’un peuple.

« J’ai grandi entouré de l’image des saints martyrs canadiens. » (Atuk, elle et nous, p.67)

J’ai surligné des passages dans ce roman, des beaux, comme des moins beaux. Des touchants, comme des frustrants. Atuk, elle et nous, c’est une lecture qui fait grandir.

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