Détox

Véronique Drouin, éditions Québec Amérique, collection Magellan, 2021, 268 pages.

Note : 4 sur 5.

Anaïs n’est plus que l’ombre d’elle-même depuis le décès de sa mère. Habituellement passionnée par la photo plus artistique, elle se fait proposer un contrat de photo publicitaire pour un nouveau complexe ayant pour visée le ressourcement. Une cérémonie un peu particulière est prévue, à laquelle Anaïs participe, en tant que témoin, un peu à reculons. Cérémonie qui prend une tournure de cauchemar assez rapidement.

J’avais très hâte de découvrir ce roman de Véronique Drouin, ayant adoré La guillotine et Rivière-au-Cerf-Blanc de la même autrice. Les descriptions très gores me restaient encore en mémoire. J’avais donc de grandes attentes pour cette nouveauté.

Je dois admettre que la première moitié me paraissait assez longue. Sachant que l’autrice nous réserverait tout un carnage, j’ai poursuivi ma lecture, attendant impatiemment que l’hémoglobine coule à flots. Et quand ça part, ça part! Encore une fois, Véronique Drouin sait nous entrainer dans une spirale très sanglante où les descriptions ne font pas dans la demi mesure. La seconde moitié du roman avance très rapidement, ne nous laissant aucun répit.

« À bout de souffle, en nage dans l’atmosphère torride, ils filaient à toute vitesse entre les arbres, conscients qu’ils n’avaient pas l’avantage, qu’ils ne l’avaient jamais eu. Ils étaient des animaux traqués, coincés dans les mailles d’un filet. Condamnés à errer entre les limites d’un traquenard. » (Détox, p.221)

Comme pour son précédent roman d’horreur, Rivière-au-Cerf-Blanc, l’autrice nous plonge en pleine nature et joue avec celle-ci pour rendre une atmosphère presque étouffante, contrastant avec la liberté qu’offre la forêt. Le lieu du tout-inclus, en plein cœur de la jungle, parvient habilement à nous surprendre, quoique les photos de complexe désaffecté qui parsèment le roman nous laissent présager un endroit plus lugubre que ce qu’on pourrait imaginer.

Bref, encore une fois, Véronique Drouin démontre sa capacité à expédier ses personnages, ainsi que son lectorat, dans une sortie presque idyllique qui tourne au cauchemar. C’est sanglant et violent, flirtant même avec la folie. Comme pour son précédent roman, l’autrice nous amène ailleurs, cette fois avec le chamanisme. Un roman pour un lectorat avancé qui n’a pas froid aux yeux.

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