Comme une chaleur de feu de camp

Amélie Panneton, Éditions Hurtubise, Montréal, 2017, 301 pages.

Emmanuelle, 15 ans, se décrit comme une « p’tite souris ». Elle se considère être une attardée sociale. Les conversations et elle, ça fait deux. En trois secondes et quart elle vire au rouge tomate/homard/camion de pompier. Malgré tout, ce n’est pas ce qui va l’empêcher de rencontrer Thomas, un grand passionné de country. Lentement mais surement, les deux se rapprocheront et Emmanuelle se sentira peut-être comme une adolescente comme les autres, excepté qu’elle aura été témoin d’une scène qui la marquera à tout jamais et qui pourrait  avoir des conséquences sur sa nouvelle relation.

J’ai découvert la plume d’Amélie Panneton avec ce roman. Je dois admettre que je suis charmée. Les nombreuses comparaisons rendent son écriture très imagée et nous permettent de rapidement dresser un portrait des personnages et des situations. Lire Comme une chaleur de feu de camp, c’est avoir la bobine d’un film qui roule dans sa tête en même temps.

« J’y pense tellement fort que ça en devient douloureux. Comme un désir immense, une envie qui grandit dans mon ventre et qui râpe mes côtes. Je place mes mains à l’endroit où ma cage thoracique se termine. Si l’amour habite quelque part dans le corps, ça doit être là. Parce que c’est un endroit fragile, à peine protégé par une toute petite couche de peau. » (Comme une chaleur de feu de camp, p.57)

J’ai apprécié cette histoire d’adolescente pas trop dramatique. Emmanuelle vit parfois les émotions de manière exponentielle, mais c’est ce qui la singularise et qui caractérise un bon nombre d’adolescentes et d’adolescents. L’histoire devient donc très réaliste tout en faisant rêver le lecteur en quête de ces émotions en montagnes russes.

Avant même de lire le roman, je savais quelle serait la thématique tabou abordée (je tiens à garder le secret). Je n’avais toutefois pas d’attentes précises à ce sujet. J’ai tout de même été très surprise de la façon dont elle a été abordée par l’auteure. Étant donné qu’Emmanuelle est témoin d’une scène et non victime de celle-ci, on apporte un tout autre angle qui nous fait bien vite comprendre que ce genre de situation affecte plus d’une personne.  En parallèle aux histoires d’amour et d’amitié que développe la protagoniste, cela ajoute un petit plus qui permet au roman de se distinguer des autres histoires d’adolescent-es.

Il s’agit assurément d’un livre que je mettrai dans ma bibliothèque de classe, et ce sans gêne. Bien que le sujet abordé soit parfois difficile, les scènes sont décrites sans exagération. La littérature restera toujours pour moi une porte d’entrée vers la discussion. Et je considère que ce roman ouvre une très belle brèche. Vous pouvez d’ailleurs le commander et encourager les librairies indépendantes du Québec en cliquant ici!

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