BD et roman graphique : quelles sont les différences?

On entend de plus en plus le terme roman graphique sans qu’il n’y ait toutefois de définition claire de celui-ci. On peut facilement se perdre entre le roman graphique et la bande dessinée, et même entre le roman graphique et l’album. Il y a de quoi! Les frontières entre ces arts sont assez floues. Je l’avais brièvement abordé dans mon article sur la bande dessinée, mais j’ai eu envie de faire des recherches plus approfondies afin d’y consacrer un article complet.

L’origine du roman graphique (graphic novel)

Le terme roman graphique (graphic novel) ne date pas d’aujourd’hui. En effet, c’est le créateur Will Eisner, vers la fin des années 70, qui cherche à définir son œuvre, qui ne correspond pas au comicbook traditionnel, puisqu’il y présente un récit autofictionnel. Comme le contenu de son œuvre ne correspondait pas aux standards typiques de la BD, et qu’il accumulait les refus pour cette raison, il a cherché a rebaptiser le type d’œuvre qu’il créait, avec le terme graphic novel.

Il faut tenir compte du fait que la bande dessinée, dans ses origines, parait principalement dans les périodiques, donc elle est très courte et elle répond à des contraintes spécifiques, notamment en ce qui a trait à la prise en compte du destinataire, au temps de production et à l’espace accordé. De plus, il faut noter que le terme comic book, ici, ne fait pas nécessairement référence à la bande dessinée en général, mais bien à la bande dessinée typiquement américaine où sont mis‧e‧s en scène des superhéros‧ïnes.

Les particularités du roman graphique

Tout d’abord, l’important est de savoir que le roman graphique est une bande dessinée, mais que toute bande dessinée n’est pas un roman graphique. Certain‧e‧s cherchent à faire la séparation entre les deux parce que roman graphique semble plus prestigieux, plus niché vu ses particularités.

Éclatement des éléments graphiques
Bouées | La Pastèque | Catherine Lepage
Les phylactères (bulles) et les cases sont moins définis (Bouées, Catherine Lepage, éditions la Pastèque)
Bande Dessinée : MOI, CE QUE J'AIME, C'EST LES MONSTRES - livre premier -  de Emil Ferris | Quatre Sans Quatre
Les cases ne sont pas toujours présentes d’une page à l’autre (Moi, ce que j’aime, c’est les montres, Emil Ferris, éditions Alto)
Thématiques qui rejoignent plus les adultes
Longueur

On se basera aussi sur la longueur de l’œuvre. Le roman graphique sera parfois plus long qu’une bande dessinée. On peut notamment penser à Moi, ce que j’aime, c’est les monstres d’Emil Ferris qui totalise 418 pages ou Des souris et des hommes par Rébecca Dautremer qui en compte 420.

Autofiction

Certain‧e‧s bédéistes se tourneront aussi vers l’autofiction dans leur œuvre, comme l’a fait Will Eisner, père du terme graphic novel.

Le roman graphique, dans la francophonie : une distinction nécessaire?

Considérant que tout roman graphique est une bande dessinée, est-il nécessaire de distinguer les deux termes? À mon avis, non. C’est d’ailleurs pourquoi je n’utilise pas le terme roman graphique. Ce dernier est plus une technique de marketing, une façon de rejoindre les plus frileux‧ses qui croient à tort que la BD est pour les enfants ou pour les gens qui ont moins d’éducation.

Et l’album, dans tout ça?

Quant à lui, l’album (et je ne fais pas ici référence à l’objet qu’on tient dans nos mains quand on pense à la BD, mais bien à l’album narratif), se distingue par l’omniprésence des images qui, bien souvent supplantent le texte. Illustrations qui vont à la fois éclairer un élément du texte ou ajouter un non-dit. Le texte et l’image interagissent pour créer le fil de l’histoire, image qui, généralement, prendra place dans toute la page, au contraire de la BD où l’image sera divisée en cases (définies ou non).

Si je disparais - Éditions de l'Isatis
Je prends l’exemple de l’album Si je disparais publié chez les éditions de l’Isatis. L’illustration supplante le texte et a une place prépondérante dans la double-page. Elle n’est pas divisée en cases. Il s’agit d’une seule et unique illustration. C’est ainsi tout au long de l’œuvre, la catégorisant ainsi comme un album.

Et si on récapitulait?

N’hésitez pas à partager ces vignettes sur vos réseaux ou avec vos élèves!


Sources

CAZA, Pierre-Étienne. (2018). « La BD redessinée », ActualitésUQAM.

HAKEM, Tewfik. (2019). « Le roman graphique selon Will Eisner », France culture.

LECLAIRE-HALTÉ, Anne. (2008). L’album de littérature jeunesse : quelle description pour quel âge scolaire?

NADI, Taous. (2018). « Essai de définition de la littérature jeunesse et de l’album narratif », Hypothèses.

Cours Bande dessinée et figuration narrative donné par monsieur Paul Bleton à la TELUQ

Cours Littérature pour enfants donné par monsieur Yan Hamel à la TELUQ

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