Les albums au secondaire

L’album de littérature a la cote au primaire. On voit beaucoup d’enseignant.e.s l’utiliser pour enseigner. Qu’en est-il au secondaire? Est-ce possible de l’utiliser? Comment?

Des albums… même pour les ados?

J’adore les albums de littérature. Un peu comme la bande dessinée, ils permettent de travailler l’interprétation du texte, des images, mais aussi du texte avec les images. Je suis très heureuse de constater qu’il en existe de plus en plus qui s’adressent à un public plus vieux. La collection Griff, chez les éditions de l’Isatis, notamment, se spécialise dans l’albums pour les grand.e.s. Avec ses thématiques actuelles, centrées autour de l’actualité et des enjeux de société, ces albums sont un réel plus pour nos bibliothèques et notre enseignement au secondaire. Il en existe une panoplie d’autres qui, même si on les retrouve dans la section des albums plus généraux pour enfants, peuvent très bien rejoindre aussi un public plus mature. C’est la beauté de la littérature jeunesse d’aujourd’hui : il n’y a plus de tabous.

Tout au long de l’article, je partagerai avec vous quelques suggestions d’albums que Véronique de Car.ni.or et moi avons présentées lors d’ateliers en ligne.

Comment exploiter l’album en classe du secondaire?

Les possibilités sont infinies. Voici quelques suggestions.

En cercles de lecture

Avec trois ou quatre copies d’un même album, on peut travailler le cercle de lecture autour d’une lecture commune, qui ne prend pas plusieurs cours. Ce peut être une belle manière de se pratiquer pour un cercle de lecture sur un roman! Cela vous permet d’observer les élèves, de les guider dans les discussions et de voir avec elleux les conditions pour former un cercle de lecture efficace.

Travailler les quatre dimensions de la lecture

Toujours en cercles de lecture, on peut remettre aux élèves une liste de questions sur les quatre dimensions de la lecture pour leur permettre de travailler les divers types de questions et se pratiquer à formuler des réponses efficaces. On peut y aller avec des questions générales, qui pourraient s’appliquer à n’importe quels albums, comme y aller pour des questions uniques à chaque album. Car.ni.or en partage plusieurs gratuitement sur sa boutique Mieux enseigner.

Créer des réseaux

La beauté des albums, c’est qu’on peut, de manière un peu plus accessible, se créer des réseaux littéraires pour approfondir une thématique, un personnage, un genre… Toujours en cercles de discussion, si vous avez accès à une belle sélection d’albums (parfois les conseiller.ère.s pédagogiques des CSS ont de beaux réseaux disponibles pour l’emprunt), vous pouvez réunir des élèves autour d’un même réseau pour qu’iels discutent de ce qu’iels ont observé pendant leur lecture. Ainsi, on dresse une liste de points communs et de points divergents, on observe comment s’articule un même thème, comment se présente une même valeur (intéressant en 3e secondaire!), comment s’illustre un même personnage.

Ces réseaux pourraient aussi servir si vous enseignez par thématique, comme j’aime bien le faire. En vous retrouvant alors avec un lot d’albums sur un même sujet, vous pouvez bâtir énormément d’exercices pour pimenter votre thème.

En lecture à voix haute

La longueur de l’album permet de l’utiliser en lecture intégrale avec l’ensemble d’une classe, lors d’une lecture à voix haute. C’est une pratique que j’adore introduire dans ma classe. Les élèves en redemandent!

Pour appliquer une notion

Que ce soit pour voir les caractéristiques d’un genre à l’étude (le conte, par exemple, compte de nombreux choix!) ou pour voir une notion de grammaire du texte, l’album est extraordinaire! Il n’est pas impossible de trouver un album dans lequel l’harmonisation des temps de verbe est bien réussie, dans lequel les séquences dialogales sont nombreuses.

On peut aussi travailler la description des personnages, la descriptions des lieux, l’univers narratif… Tous ces éléments peuvent facilement être travaillés lors d’une lecture à voix haute.

Pour introduire une thématique

Encore une fois, si vous travaillez par thème, pourquoi ne pas commencer votre séquence par une lecture d’album? On peut en profiter pour discuter du sujet avant de l’approfondir.

Pour stimuler l’écriture

Pourquoi ne pas s’inspirer d’un album, d’une image de celui-ci ou d’un style particulier pour rédiger un texte narratif? Avec la longueur des histoires, on peut facilement demander aux élèves de compléter un texte, on peut s’inspirer d’une partie pour en écrire une autre…

Pour stimuler la discussion

Certains albums, vu leur thématique, sont propices à discuter. Que ce soit pour les enjeux qu’ils soulèvent ou pour organiser un débat, certaines œuvres touchent des sujets parfois sensibles ainsi que des dilemmes.

Pour le plaisir!

Je ne pouvais passer celui-ci sous silence. L’album est avant tout une œuvre. Certes, c’est un bel outil pour nous, les enseignant.e.s, mais ça reste une œuvre littéraire, un bijou dont on peut seulement profiter. Les élèves apprécieront se faire lire une histoire qui vous a plu, sans nécessairement avoir à la lier à un travail. La lecture, ce devrait surtout être un acte plaisant. Il ne faut pas l’oublier!

En ateliers

De manière plus individuelle cette fois, l’album permet aussi de faire des exercices ou de combler des fins de cours.

Pour travailler les 4 dimensions de la lecture

Comme en cercle de lecture, on peut cette fois demander aux élèves de noter leurs réponses dans un carnet de lecture et les évaluer de manière sommative ou formative. Ce peut être un bel exercice à donner aux élèves qui ont terminé un travail. À la fin d’un mois ou d’une étape, on pourrait demander aux élèves de remettre un nombre x de questions en choisissant celles dont iels sont le.la plus fier.ère.

Pour appliquer une notion grammaticale

Cette fois, de manière individuelle, on peut lancer les élèves à la chasse. Si vous avez plusieurs albums en classe (l’activité pourrait aussi être réalisée à partir de romans), pourquoi ne pas leur demander de repérer, dans l’album, une notion que vous venez de voir. Au lieu de prendre un texte commun ou un extrait de manuel, on fouille dans les albums, on admire leur beauté et on part à la recherche de groupes du nom, de phrases interrogatives, de figures de style…


Bref, les possibilités sont infinies! Exploiter l’album en classe de français au secondaire, ça se fait, et c’est génial!

Pour nos listes complètes de suggestions :

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